Connaître la religion catholique

Le Père Yannik BONNET, qui a accepté d’être le référent spirituel de Parents Pour l’Ecole,
nous fait la joie de partager un premier billet !

 

Avant d’entrer au Séminaire à 63 ans , veuf depuis 18 mois , pour y étudier la théologie pendant trois ans , j’avais été marié près de 40 ans et avais eu la grâce d’être sept fois père .
Mes sept enfants ont tous fait leur scolarité jusqu’en fin de secondaire dans l’ Enseignement catholique , ce qui avait été également mon cas depuis la classe de CE 2 , ma mère s’étant chargée de ce qui précédait .
Je peux donc me rendre compte de ce qui s’est passé , pour mes sept enfants , en terme de formation catholique , pendant cette période d’un peu moins de trente ans .
Au passage , j’ai milité dans les Apel pendant toutes ces années , suis intervenu au Congrès National au moins deux fois et également une fois , comme ” grand témoin ” au congrès de la Région Centre devant trois Evêques en 1994 .
A cette dernière intervention , ma dernière étant en fac depuis quelques années , j’avais eu le temps de faire un bilan de la formation catholique donnée à mes enfants .
Comme je n’ai pas la langue de bois ( ni de buis ) , j’avais été obligé de dire que mon aîné n’avait pas reçu un enseignement religieux équivalent au mien ( composition écrite, chaque trimestre , dûment notée , en Terminale S ! ) et que , pour mes autres enfants , la dégradation avait été régulière au fil des ans , avec une nette accélération pour mes trois dernières filles , nées entre début 1965 et fin 1972 .

Pour ce qui concerne mes 28 petits enfants , ils n’ ont pas tous été scolarisés dans l’enseignement catholique , mais ceux qui l’ont été constituent un échantillon double de celui de mes enfants .
Les différences en terme de formation catholique que je constate , en discutant avec eux , ne peuvent pas être attribuées seulement à l’enseignement catholique , car il y a le poids de la famille elle-même et celui de la société environnante , devenue de plus en plus contaminante .
Ayant continué à intervenir , soit devant les élèves de lycée catholique , soit devant les parents d’élèves , je crois pouvoir dire que certains établissements se sont redressés et que d’ autres ont poursuivi leur dégringolade .

Une première réaction , face à ce constat réaliste , serait de dire que l’ Enseignement catholique n’a pas été à la hauteur du défi provoqué par la révolution culturelle des années 60-70 . Mais resterait à identifier les causes , elles sont évidemment multiples, car la susdite révolution a forcément touché tous les acteurs et partenaires , la hiérarchie catholique , le clergé , les directeurs d’établissements , les enseignants , les parents , les élèves et tout ce qui a été mis à la portée de ces derniers , en terme de …contamination , spirituelle , morale et culturelle .
De ce fait , dans l’état actuel des choses , la formation catholique de la jeunesse , qui a toujours été considérée par l’Eglise comme une priorité , pour ne pas dire la première priorité , ne se fera que par une reconquête , ce qui implique une stratégie inscrite dans la durée et donc ….des stratèges !
Ne vous étonnez pas , qu’en attendant , il se crée autant d’écoles sans contrat chaque année , même s’ il est évident que cette voie ne peut se généraliser pour toutes sortes de raisons .

Il est donc indispensable que la reconquête commence là où les conditions sont favorables , car il faut des exemples de réussite même modestes pour susciter le désir de les imiter ! La seconde urgence pastorale , identifiée par le Concile de Vatican II , après celle de la restauration du mariage et de la famille , était celle de la culture . Entendez bien , bâtir et transmettre une authentique culture conforme à l’ordre naturel et à la Foi catholique . Et comment y parvenir sans un Enseignement , estampillé catholique , qui fasse connaître le trésor dont nous avons hérité et qui poursuit son développement ?
Quel défi exaltant !

Père Yannik Bonnet