Le socle commun ou l’école désintégrée : François Fillon, le fossoyeur de l’école ?

“Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes”

Bossuet. 

Lors du dernier débat de la Primaire de la droite et du centre, François Fillon s’est lancé dans une vibrante diatribe à l’égard des pédagogues. Ayant fait grand bruit, cette dernière suscita un engouement inattendu. Si l’attaque portée à l’encontre des experts qui règnent au Ministère est légitime, elle étonne de la part de celui qui fut aux commandes de la rue de Grenelle.

Pour qui s’en rappelle, Monsieur Fillon a été l’auteur d’une loi portant son nom. Votée en avril 2005, cette dernière introduisait dans la législation une réalité singulière appelée  “socle commun”. Constitué d’un ensemble de connaissances et de compétences, celui-ci répondait aux injonctions européennes réclamant une école limitée à la seule employabilité des personnes. De même, ce « socle », vague quant à son contenu, exonérait le législateur de tout engagement sur la nature des matières qu’il conviendrait de transmettre aux élèves. Fallait-il s’étonner alors si, en juillet 2013, la loi dite de refondation pour l’école proposée par Vincent Peillon s’autorisait à dire que ce « socle commun » pouvait « être fixé par décret » ? Se souvient-on que c’est au nom de ce principe que Najat-Vallaud Belkacem imposait sa réforme du collège sans passer par les voies législatives ? Portant bien mal son nom, le « socle commun » a été l’outil institutionnel ayant dissocié école, culture et nation. Par lui, l’enseignement peut se passer du moindre contenu disciplinaire. A cause de lui, toute réforme éducative s’exonère du suffrage populaire comme du contrôle parlementaire.

Les mérites de Monsieur Fillon ne sont pas à discuter ici. Mais on est en droit de s’étonner de ce que ce dernier se fasse le défenseur d’une école dont il fut le fossoyeur. Et si mérite il y a, reconnaissons au candidat à la Primaire de la droite et du centre une capacité à se faire, sans que personne n’y prenne garde, le premier des pompiers pyromanes.

O. Gosset, enseignant, « Parents Pour l’Ecole ».