Le cercle vicieux de la pensée circulaireCachez ces écrans que je ne saurais voir !

Le Désastre de l’école numérique

de P. Bihoux et K. Mauvilly

Seuil, août 2016, 240 pages

« Oui, l’école numérique est un désastre car elle est née sous une mauvaise étoile, celle du besoin compulsif de nos gouvernants d’innover à tout prix, sans recul ni réflexion préalable sur les conséquences de leurs décision, sans expérimentation digne de ce nom. Mauvaise étoile de la fascination collective pour la technique et la nouveauté, de la terreur de ne pas être dans le coup face à un monde qui bouge. Naïveté aussi, face aux boniments des équipementiers et des éditeurs de logiciels, repris sans discernement dans d’épais rapports officiels. »

L’école numérique désigne un ensemble d’équipements et de pratiques : salles informatiques, logiciels, espaces numériques de travail, tableaux blancs interactifs, téléphones portables et tablettes… Le « plan numérique » consiste quant à lui à mettre ces équipements entre les mains des tous les élèves et enseignants d’ici la rentrée 2018. Un plan rédigé, du reste, en sept semaines dans le courant de l’année 2014, pour une entrée en vigueur en septembre 2016…

Halte-là ! Dès juillet 2015, une commission sénatoriale prend la peine de signaler deux constats alarmants: les enfants munis de tablettes sont rendus moins attentifs à la présence et aux consignes de l’enseignant ; et ils ne comprennent plus ce qu’ils viennent faire à l’école, puisque ce qu’ils sont censés y apprendre peut se retrouver sur leurs tablettes, qu’ils sont encouragés à consulter chez eux avant même de venir en cours. Qui les entendra ?

Alix Grosgrès – Janvier 2017