Le Vilain Petit Professeur

L’Ecole fantôme

de Robert Redeker

Desclée de Brouwer, juillet 2016, 200 pages

Bienvenue à l’Ecole Nouvelle : « sans élèves ni professeurs, avec des ordinateurs et des tablettes, et, bien sûr, sans histoire, sans littérature, ni philosophie dignes de ce nom. » Une école qui se promet d’incarner les valeurs suivantes : vitesse, immédiateté, jeunesse, divertissement, mais aussi culturalisme, relativisme et nihilisme.

Aux yeux de l’auteur, le projet des gouvernements contemporains pour l’Ecole est clair : il s’agit d’organiser, carrément, la prolétarisation généralisée des esprits, dans le seul but de « fabriquer des hommes-outils pour les entreprises »: performants, utiles, efficaces, bon marché, interchangeables. Mais Redeker ne se contente pas de vilipender le pédagogisme et ses agents sataniques, à savoir les « Inspecteurs-Khmers rouges ».

Il décrit assez précisément son idéal de l’Ecole, défend ses valeurs à lui : « nous le savons depuis Platon, l’institution de l’âme est la raison d’être de tout enseignement ; l’objet de la pédagogie vraie est donc que l’âme de l’enfant grandisse par le biais de la transmission. » Et, plus loin : « ce n’est pas à l’enfant d’être placé au centre de la relation scolaire ; le centre est dans le lien tissé entre le maître et son savoir, car seul le maître est un humain exemplaire pour ses élèves ». Contre l’invasion des zombies armés de leurs smartphones, l’auteur réveille les fantômes de le Vielle Ecole. Appel aux esprits réfractaires !

Alix Grosgrès – Février 2017