L’école que nous voulons : comment faire revivre le système scolaire français ?

Quarante années de pédagogisme et cinq ans de Présidence auront suffi à mettre à bas l’école française. Les élèves s’y ennuient, les parents s’en méfient et les professeurs la fuient. L’institution, qui n’assure plus sa mission enseignante, est en état d’agonie. Conséquence de cette déroute, l’instance scolaire n’assure plus le lien qui unit culture, familles, État et nation. Comment redresser alors cette structure qui fit l’envie du monde entier ? Comment rendre à la France son école ?

D’un point de vue politique, la première des mesures est de restaurer la souveraineté du pays dans les affaires scolaires : dessaisi par Bruxelles autant que par la toute puissance de l’arbitraire ministériel, le peuple français n’a plus la main sur les décisions scolaires. Une fois cela fait, il convient de rappeler la responsabilité des parents : comme l’atteste le droit civil, ce sont eux qui sont responsables de leurs enfants, ce sont eux qui choisissent le genre d’éducation qui convient à ces derniers. Conséquence de cette autorité, l’école a le devoir de respecter la liberté des acteurs éducatifs : les parents peuvent décider de l’institution à laquelle ils confient leurs enfants, les chefs d’établissement peuvent organiser le temps scolaire, les enseignants peuvent trouver par eux-mêmes les moyens qui conviennent à la transmission des connaissances. Cette liberté acquise est conditionnée par la priorité accordée à la réussite scolaire : les parents éduquent, l’école instruit, celle-ci s’occupe de transmettre des savoirs, ceux-ci ont la charge des principes.

Pour parvenir à ce dessein, l’école de France doit se recentrer sur cinq missions, qui se complètent et se déduisent :

  • L’école apprend à lire : décidant de tout, cet objectif est à acquérir au plus vite et selon des méthodes éprouvées, pour être poursuivi tout au long de la croissance de l’élève.

  • L’école apprend à écrire : parallèle à la première, cette exigence est une urgence, qui décide de l’avenir de l’enfant. Elle est à cultiver quotidiennement, dans la patience d’un effort toujours recommencé.

  • L’école apprend à compter : parce que le monde est nombre, parce que le chiffre exprime un agencement, la maîtrise de la numération et du calcul permet d’entrer dans l’intelligibilité des choses.

  • L’école aide à comprendre : lire, écrire, compter sont des langages qui n’ont de sens que s’ils permettent de donner du sens. Les signes et les vérités qu’ils touchent constituent une culture, qui est le fondement sur lequel s’appuiera l’enfant durant toute sa vie.

  • L’école autorise à croire : toute culture est une richesse qui fait signe vers autre chose qu’elle-même. Idéal qui la dépasse, cet ensemble de valeurs, qui provient des savoirs qui l’édifient, est à mettre à l’honneur par l’école.

Lire, écrire, compter, comprendre et croire sont des missions dont les vertus sont hautement civiques. Les élèves d’aujourd’hui étant les citoyens de demain, notre République a plus que jamais besoin d’électeurs et d’élus instruits. La qualité de notre école illustre le prix que nous accordons à l’avenir de notre pays. La grandeur d’une nation se mesure à l’exigence de son éducation. Étant donnés les tourments que nous vivons autant que ceux qui se préparent, la Présidence qui s’annonce devra être celle de l’école.

Olivier Gosset, parent d’élèves et enseignant, « Parents pour l’École »